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Histoire de Skopje : de l’antique Scupi à la ville moderne

Skopje, capitale de la Macédoine du Nord, possède une histoire qui s’étend sur plusieurs millénaires.

La ville a été façonnée par des communautés préhistoriques, la colonie romaine de Scupi, les empires byzantin, bulgare, serbe et ottoman, les bouleversements du XXe siècle ainsi que l’un des programmes de reconstruction urbaine les plus ambitieux de l’Europe d’après-guerre.

En parcourant Skopje aujourd’hui, vous pouvez passer en quelques minutes des ruelles ottomanes du vieux bazar aux bâtiments modernistes construits après le séisme de 1963, puis aux monuments beaucoup plus récents du projet Skopje 2014.

Cette superposition d’époques, de cultures, de religions et de styles architecturaux explique pourquoi Skopje ne ressemble à aucune autre capitale des Balkans.

Dans cet article, découvrez les principales périodes et les événements qui ont façonné l’histoire de Skopje, de l’antique Scupi à la ville contemporaine.

L’histoire de Skopje en bref

  • Préhistoire : la vallée de Skopje est habitée depuis plusieurs millénaires.
  • Époque romaine : Scupi devient une importante colonie de l’Empire romain.
  • 518 : un puissant séisme détruit une grande partie de Scupi.
  • Moyen Âge : Skopje passe successivement sous différentes autorités byzantines, bulgares et serbes.
  • 1346 : Stefan Dušan est couronné empereur à Skopje.
  • 1392 : la ville est conquise par les Ottomans.
  • 1689 : un incendie provoqué pendant la Grande Guerre turque dévaste une partie de la ville.
  • 1873 : l’arrivée du chemin de fer accélère la modernisation de Skopje.
  • 1912 : la domination ottomane prend fin pendant les guerres balkaniques.
  • 1943 : les Juifs de Skopje sont regroupés dans un camp de transit avant leur déportation.
  • 1944 : Skopje devient la capitale de la république macédonienne au sein de la Yougoslavie.
  • 1963 : un séisme catastrophique détruit une grande partie de la ville.
  • Années 1960 et 1970 : Skopje est reconstruite avec une importante aide internationale.
  • 1991 : elle devient la capitale d’un État indépendant.

Page Contents

Les premières traces d’occupation dans la vallée de Skopje

La vallée de Skopje occupe une position stratégique entre plusieurs régions des Balkans. Elle est traversée par le Vardar et entourée de montagnes, ce qui a favorisé l’installation de communautés humaines dès la préhistoire.

Des vestiges anciens ont été découverts dans différents secteurs de la vallée, notamment autour de la colline de Kale et sur plusieurs sites situés près de la ville actuelle.

Ces premières communautés profitaient des terres fertiles, des cours d’eau et des voies naturelles permettant de circuler entre le bassin égéen, le Danube, le Kosovo et l’intérieur de la péninsule balkanique.

L’histoire urbaine de Skopje ne commence pas à une date unique. La région fut occupée bien avant la fondation de la ville romaine de Scupi, mais les formes et les emplacements des établissements ont évolué au fil des siècles.

Scupi, l’ancêtre antique de Skopje

L’antique Scupi ne se trouvait pas exactement à l’emplacement du centre actuel. Son site archéologique est situé à plusieurs kilomètres au nord-ouest du centre de Skopje, entre le Vardar et la colline de Zajčev Rid.

Une implantation existait déjà avant la domination romaine dans une région associée aux Dardaniens. Après la conquête romaine des Balkans, Scupi se développa autour d’un camp militaire et devint progressivement une ville importante.

Sous la dynastie flavienne, probablement à la fin du Ier siècle de notre ère, elle obtint le statut de colonie romaine sous le nom de Colonia Flavia Scupinorum.

Une importante ville romaine

Scupi occupait une position favorable sur les routes reliant le nord et le sud des Balkans.

La ville possédait plusieurs éléments caractéristiques d’un centre urbain romain :

  • un théâtre monumental ;
  • des thermes publics ;
  • des basiliques civiles et paléochrétiennes ;
  • des rues organisées selon un plan urbain ;
  • des maisons privées ;
  • des fortifications ;
  • plusieurs nécropoles autour de la ville.

Des vétérans de l’armée romaine s’y installèrent, tandis que marchands, artisans, soldats et habitants issus de différentes communautés contribuèrent à son développement.

Scupi et la province de Dardanie

Scupi appartint d’abord à la province de Mésie supérieure. Après la création de la province romaine de Dardanie au IIIe siècle, elle en devint l’un des principaux centres administratifs.

La ville fut touchée par des invasions et des destructions à plusieurs reprises, mais conserva une certaine importance jusqu’à l’Antiquité tardive.

Le séisme de 518 et l’abandon de Scupi

En 518, un puissant tremblement de terre dévasta Scupi et plusieurs autres villes de la région.

L’ampleur des destructions entraîna le déclin puis l’abandon progressif de la cité antique. Une partie de la population se déplaça probablement vers des secteurs plus faciles à défendre, notamment autour de la colline où se trouve aujourd’hui la forteresse de Kale.

Il ne faut pas confondre Scupi avec l’ensemble de la ville médiévale de Skopje. Après la catastrophe de 518, le centre de peuplement se déplaça progressivement vers un nouvel emplacement.

Des pierres provenant des édifices abandonnés de Scupi furent réutilisées au cours des siècles suivants. Certains blocs antiques sont encore visibles dans les murs de la forteresse de Skopje.

Skopje pendant l’époque byzantine

Après la division de l’Empire romain, la région de Skopje appartint à l’Empire romain d’Orient, appelé aujourd’hui Empire byzantin.

Le nouvel établissement développé autour de Kale bénéficiait d’une position stratégique au-dessus du Vardar. La forteresse permettait de contrôler les voies de communication traversant la vallée.

Au cours du haut Moyen Âge, la région fut touchée par les migrations, les conflits et les transformations politiques qui affectèrent l’ensemble des Balkans.

Skopje passa à plusieurs reprises sous l’autorité de pouvoirs byzantins et bulgares, selon l’évolution des frontières et des campagnes militaires.

Skopje et le Premier Empire bulgare

À partir du IXe siècle, Skopje fut intégrée pendant certaines périodes au Premier Empire bulgare.

À la fin du Xe siècle, la ville joua un rôle politique et militaire important dans l’État gouverné par le tsar Samuel et ses prédécesseurs. Certaines chronologies la présentent même comme l’un des centres principaux, voire comme une capitale temporaire, pendant les dernières décennies du Xe siècle.

Après les campagnes de l’empereur byzantin Basile II, Skopje repassa sous contrôle byzantin au début du XIe siècle.

La région participa à la diffusion de la culture slave et de la liturgie en langue slavonne. Cependant, l’alphabet cyrillique ne fut pas créé à Skopje : son développement est associé aux disciples de Cyrille et Méthode dans les centres littéraires médiévaux des Balkans.

Skopje sous les pouvoirs serbes médiévaux

Après de nouveaux changements de domination, Skopje fut intégrée au royaume serbe à la fin du XIIIe siècle.

Le roi Stefan Uroš II Milutin prit la ville en 1282. Sous la dynastie des Nemanjić, Skopje devint un important centre politique, commercial et religieux.

Le couronnement de Stefan Dušan

L’un des événements majeurs de l’histoire médiévale de Skopje eut lieu en 1346, lorsque Stefan Dušan y fut couronné « empereur des Serbes et des Grecs ».

Skopje devint alors l’un des principaux centres de l’Empire serbe. La ville bénéficia de sa position commerciale et du pouvoir de la cour impériale.

Après la mort de Dušan en 1355, l’empire se fragmenta progressivement en principautés rivales. Cette faiblesse facilita l’avancée ottomane dans les Balkans.

La conquête ottomane de Skopje

Skopje fut conquise par les Ottomans en 1392. La ville, appelée Üsküb en turc ottoman, resta sous leur autorité pendant plus de cinq siècles.

Cette longue période transforma profondément son architecture, son économie, sa composition démographique et son organisation urbaine.

Skopje devint un centre administratif et commercial régional relié aux routes allant vers Thessalonique, Constantinople, Belgrade, Sarajevo et les ports de l’Adriatique.

Le développement du vieux bazar

Le vieux bazar de Skopje devint le cœur économique de la ville ottomane.

Des artisans spécialisés dans le travail du cuivre, du cuir, de l’or, de l’argent, du textile et du bois s’installèrent dans ses ruelles. Des marchés, boutiques, caravansérails, hammams, mosquées et édifices religieux furent construits autour des principales voies commerciales.

Influence ottomane dans le vieux bazar de Skopje
Héritage ottoman dans le vieux bazar de Skopje

Parmi les monuments liés à cette période figurent :

  • la mosquée Mustafa-Pacha ;
  • la mosquée Sultan-Murat ;
  • le hammam Daut-Pacha ;
  • le hammam Čifte ;
  • Kuršumli An ;
  • Suli An ;
  • Kapan An ;
  • la tour de l’horloge ;
  • le pont de pierre.

Le pont de pierre

Le pont de pierre est devenu l’un des symboles les plus reconnaissables de Skopje.

La structure actuelle est généralement associée à la période ottomane du XVe siècle, sous les règnes de Murad II ou de Mehmed II. Il est possible qu’elle ait remplacé ou intégré des fondations plus anciennes.

Pont de pierre historique à Skopje
Pont de pierre de Skopje

Le pont relie le vieux bazar situé sur la rive nord du Vardar à la place de Macédoine et au centre moderne sur la rive sud.

Il a été réparé et modifié à plusieurs reprises après des séismes, des crues et d’autres événements historiques.

Le pont de pierre représente physiquement et symboliquement le lien entre les différentes périodes de Skopje : la ville ottomane, le centre moderne et la capitale contemporaine.

Une ville multiculturelle

Pendant la période ottomane, Skopje abritait des communautés musulmanes, chrétiennes et juives, ainsi que des habitants parlant différentes langues.

La communauté juive séfarade, renforcée par l’arrivée de Juifs expulsés de la péninsule Ibérique à la fin du XVe siècle, joua un rôle important dans le commerce et la vie urbaine.

Cette diversité ne signifiait pas une égalité permanente ni une absence de tensions. Les communautés étaient soumises à des statuts juridiques différents et connurent des périodes de coopération comme des périodes de difficultés.

Les séismes, incendies et épidémies de l’époque ottomane

Skopje fut touchée par plusieurs catastrophes au cours de la période ottomane.

Un important séisme frappa la ville en 1555 et endommagea de nombreux bâtiments.

L’incendie de 1689

En octobre 1689, pendant la Grande Guerre turque, les troupes des Habsbourg commandées par le général Enea Silvio Piccolomini entrèrent dans Skopje.

La ville fut incendiée sur son ordre. Le feu dura deux jours et détruisit de nombreuses maisons, boutiques, édifices religieux et une grande partie du quartier juif.

Une épidémie sévissait également dans la région. La combinaison de l’incendie, de la maladie et des conflits provoqua un profond déclin démographique et économique.

Une grande partie du patrimoine médiéval et ottoman ancien de Skopje a été détruite ou reconstruite après les séismes, incendies, guerres et transformations urbaines successives.

La modernisation de Skopje au XIXe siècle

Au XIXe siècle, Skopje commença à se transformer sous l’effet des réformes ottomanes, du développement du commerce et de nouvelles infrastructures.

L’arrivée du chemin de fer en 1873, sur la ligne reliant Skopje à Thessalonique, marqua une étape décisive.

Les activités économiques commencèrent à s’étendre au sud du Vardar, dans des secteurs auparavant moins urbanisés. De nouveaux quartiers, bâtiments administratifs et commerces apparurent autour de la gare.

La ville attira des marchands, artisans, travailleurs et fonctionnaires venus de différentes régions des Balkans.

La fin de la domination ottomane

La domination ottomane prit fin à Skopje en 1912, pendant la première guerre balkanique.

La ville passa sous le contrôle du royaume de Serbie. Après la Première Guerre mondiale, elle fut intégrée au royaume des Serbes, Croates et Slovènes, renommé royaume de Yougoslavie en 1929.

Skopje devint alors le centre administratif de la Banovine du Vardar.

Pendant l’entre-deux-guerres, la ville se développa au sud du Vardar. De nouvelles institutions, écoles, rues et résidences furent construites.

Skopje pendant la Seconde Guerre mondiale

En avril 1941, après l’invasion de la Yougoslavie par les puissances de l’Axe, Skopje fut occupée et administrée par la Bulgarie, alors alliée de l’Allemagne nazie.

Cette période fut marquée par la répression, la guerre, la résistance partisane et la persécution de la population juive.

La déportation des Juifs de Skopje

En mars 1943, les Juifs de Skopje et d’autres villes de la région furent arrêtés par les autorités d’occupation bulgares.

Ils furent regroupés dans les bâtiments du Monopole du tabac à Skopje, transformés en camp de transit.

La grande majorité fut ensuite déportée vers le centre de mise à mort de Treblinka, en Pologne occupée, où presque aucun déporté ne survécut.

La destruction de la communauté juive de Skopje constitue l’un des chapitres les plus tragiques de l’histoire de la ville. Le Centre mémorial de l’Holocauste rappelle aujourd’hui cette communauté et les victimes de la déportation.

La libération de Skopje

Skopje fut libérée en novembre 1944 par des unités partisanes yougoslaves et macédoniennes.

Après la guerre, elle devint la capitale de la République populaire de Macédoine, plus tard appelée République socialiste de Macédoine, l’une des républiques fédérées de la Yougoslavie.

Le développement de Skopje après 1945

Après la Seconde Guerre mondiale, Skopje connut une croissance rapide.

De nouvelles usines, universités, institutions culturelles, immeubles résidentiels et infrastructures furent construits. La population augmenta avec l’arrivée d’habitants venus des campagnes et d’autres régions du pays.

Cette phase de développement fut brutalement interrompue le 26 juillet 1963.

Le séisme de Skopje de 1963

Le 26 juillet 1963 à 5 h 17, un violent tremblement de terre frappa Skopje.

Plus de 1 000 personnes perdirent la vie, plusieurs milliers furent blessées et une grande partie de la population se retrouva sans logement.

Environ quatre cinquièmes des bâtiments de la ville furent détruits ou gravement endommagés.

Des quartiers entiers, des monuments, des logements, des écoles, des infrastructures et des bâtiments publics disparurent en quelques secondes.

L’horloge de l’ancienne gare s’arrêta à 5 h 17, l’heure du séisme. Elle est devenue l’un des principaux symboles de la catastrophe.

L’ancienne gare et le Musée de la Ville de Skopje

L’ancienne gare ferroviaire fut construite entre 1937 et 1940 selon les plans de l’architecte Velimir Gavrilović.

Son aile orientale fut détruite par le séisme, tandis que la partie restante fut gravement endommagée.

Le bâtiment conservé fut ensuite transformé pour accueillir le Musée de la Ville de Skopje.

Contrairement à certaines descriptions erronées, le musée n’est donc pas installé dans un palais du XVe siècle, mais dans une ancienne gare du XXe siècle devenue un mémorial architectural du tremblement de terre.

Skopje, ville de solidarité internationale

Après le séisme, une vaste opération internationale d’aide fut organisée.

Des dizaines de pays appartenant aux deux blocs de la guerre froide envoyèrent des équipes médicales, des ingénieurs, des logements préfabriqués, de la nourriture, du matériel et une aide financière.

Cette mobilisation valut à Skopje le surnom de « ville de la solidarité internationale ».

La reconstruction devint également un laboratoire international d’urbanisme moderne.

Kenzo Tange et la reconstruction moderniste

La reconstruction ne fut pas conçue par une seule personne. Elle associa des urbanistes, architectes et ingénieurs yougoslaves et internationaux, avec l’appui des Nations unies.

En 1965, une compétition internationale fut organisée pour le nouveau centre-ville. L’équipe de l’architecte japonais Kenzo Tange proposa un plan moderniste ambitieux.

Son projet comprenait notamment :

  • une « porte de la ville » organisée autour du nouveau centre de transport ;
  • un ensemble résidentiel appelé « mur de la ville » ;
  • une séparation accrue entre circulation automobile et espaces piétonniers ;
  • de grandes structures modulaires en béton ;
  • un centre conçu pour accompagner la croissance future de la capitale.

Le plan original ne fut jamais réalisé dans son intégralité. Il fut adapté et combiné avec les propositions d’équipes yougoslaves et d’autres urbanistes internationaux.

Kenzo Tange joua un rôle majeur dans la vision du nouveau centre, mais de nombreux bâtiments emblématiques furent conçus par des architectes macédoniens, yougoslaves et étrangers.

L’architecture moderniste de Skopje

La reconstruction donna naissance à plusieurs bâtiments remarquables de l’architecture moderniste et brutaliste.

Parmi les exemples les plus connus figurent :

  • le Centre des télécommunications et la poste centrale de Janko Konstantinov ;
  • la résidence étudiante Goce Delčev de Georgi Konstantinovski ;
  • le centre de transport associé au plan de Kenzo Tange ;
  • le Musée d’Art contemporain ;
  • les ensembles résidentiels du « mur de la ville » ;
  • le centre commercial de la ville, GTC ;
  • plusieurs bâtiments universitaires et administratifs.

Ces constructions donnent encore aujourd’hui à Skopje une place particulière dans l’histoire de l’urbanisme européen d’après-guerre.

Skopje devient la capitale d’un État indépendant

En septembre 1991, la République de Macédoine proclama son indépendance après un référendum organisé pendant la dissolution de la Yougoslavie.

Skopje devint la capitale du nouvel État et concentra progressivement les principales institutions politiques, économiques, universitaires et culturelles du pays.

En 2019, le nom officiel du pays devint République de Macédoine du Nord.

Le projet Skopje 2014

À partir de 2010, le centre de la capitale connut une nouvelle transformation dans le cadre du projet appelé Skopje 2014.

De nouveaux musées, bâtiments administratifs, ponts, façades d’inspiration néoclassique et nombreuses statues furent construits ou installés autour de la place de Macédoine et du Vardar.

Le projet cherchait notamment à donner au centre une apparence plus monumentale et à mettre en avant certaines figures historiques.

Il provoqua cependant d’importants débats portant sur :

  • son coût ;
  • la transparence des décisions ;
  • son interprétation de l’histoire ;
  • la multiplication des statues ;
  • le recouvrement de certaines façades modernistes ;
  • son influence sur l’identité multiculturelle de la ville.
Skopje 2014 ne fut pas une reconstruction de bâtiments antiques disparus. Il s’agissait principalement d’un projet contemporain utilisant des styles historiques et monumentaux.

Les monuments qui racontent l’histoire de Skopje

Le site archéologique de Scupi

Le site permet d’observer les vestiges de la colonie romaine, notamment le théâtre, les thermes, les basiliques, les murs et les nécropoles.

Les recherches archéologiques se poursuivent encore aujourd’hui.

La forteresse de Kale

La colline de Kale fut occupée pendant différentes périodes, de la préhistoire à l’époque moderne.

Les murs visibles aujourd’hui comprennent des phases de construction et de reconstruction successives. La forteresse offre également de belles vues sur le Vardar et le centre-ville.

Le vieux bazar

Le vieux bazar conserve l’une des plus importantes concentrations de patrimoine ottoman à Skopje.

Ses mosquées, hammams, caravansérails, galeries, ateliers et rues commerçantes permettent de comprendre le fonctionnement de l’ancienne ville.

Le pont de pierre

Le pont relie depuis des siècles les deux rives du Vardar et demeure un symbole officiel de Skopje.

La mosquée Mustafa-Pacha

Construite à la fin du XVe siècle, la mosquée domine le vieux bazar depuis les hauteurs proches de Kale.

L’ancienne gare

Le bâtiment du Musée de la Ville rappelle à la fois le développement de Skopje pendant l’entre-deux-guerres et la catastrophe de 1963.

Les bâtiments modernistes

La poste centrale, les résidences universitaires, le GTC et les ensembles résidentiels d’après 1963 racontent l’histoire de la reconstruction internationale.

La Maison-mémorial de Mère Teresa

Mère Teresa naquit à Skopje en 1910 sous le nom de Gonxha Bojaxhiu.

La maison mémorielle actuelle se trouve près de l’emplacement de l’ancienne église catholique dans laquelle elle fut baptisée.

Le mont Vodno et la Croix du Millénaire

La Croix du Millénaire fut érigée au début du XXIe siècle sur le sommet Vodno, dominant la vallée de Skopje.

Croix du Millénaire sur le mont Vodno à Skopje
Croix du Millénaire sur le mont Vodno

Le bâtiment de l’Assemblée de Macédoine du Nord

Le bâtiment de l’Assemblée fut construit pendant l’entre-deux-guerres, à une époque où Skopje se développait rapidement au sud du Vardar.

Il constitue un exemple de l’architecture institutionnelle de cette période et continue d’accueillir le Parlement de Macédoine du Nord.

Bâtiment de l’Assemblée de Macédoine du Nord à Skopje
Assemblée de Macédoine du Nord

Comment explorer l’histoire de Skopje à pied ?

Une grande partie de l’histoire de la ville peut être découverte pendant une promenade dans le centre.

  • Commencez à l’ancienne gare et au Musée de la Ville de Skopje.
  • Remontez la rue Macedonia jusqu’à la Maison-mémorial de Mère Teresa.
  • Rejoignez la place de Macédoine.
  • Traversez le pont de pierre.
  • Explorez les ruelles du vieux bazar.
  • Visitez le hammam Daut-Pacha ou Čifte Hammam.
  • Montez vers la mosquée Mustafa-Pacha.
  • Terminez par la forteresse de Kale.

Pour découvrir l’époque romaine, vous devrez rejoindre séparément le site archéologique de Scupi, situé en dehors du centre historique.

Questions fréquentes sur l’histoire de Skopje

Quel était l’ancien nom de Skopje ?

La ville romaine située près de Skopje portait le nom de Scupi. Pendant la période ottomane, la ville était appelée Üsküb.

Scupi se trouvait-elle sous le centre actuel ?

Non. Le principal site archéologique de Scupi se trouve à plusieurs kilomètres au nord-ouest du centre de Skopje.

Quand les Ottomans ont-ils conquis Skopje ?

La ville fut conquise en 1392 et resta sous domination ottomane jusqu’en 1912.

Le pont de pierre est-il romain ?

La structure visible aujourd’hui est principalement associée à la période ottomane du XVe siècle. Des constructions ou fondations plus anciennes ont peut-être existé au même endroit, mais leur lien précis avec le pont actuel reste débattu.

Pourquoi Skopje possède-t-elle autant de bâtiments modernistes ?

Une grande partie de la ville fut détruite pendant le séisme de 1963. La reconstruction internationale adopta les principes modernes de l’urbanisme et de l’architecture de l’époque.

Kenzo Tange a-t-il conçu toute la ville ?

Non. Son équipe proposa un plan majeur pour le nouveau centre, mais Skopje fut reconstruite par de nombreux architectes et urbanistes yougoslaves et internationaux. Le projet de Tange ne fut réalisé que partiellement.

Où peut-on en apprendre davantage sur le séisme de 1963 ?

Le Musée de la Ville de Skopje, installé dans l’ancienne gare endommagée, présente des collections consacrées à l’histoire de la capitale et au séisme.

Qu’est-ce que Skopje 2014 ?

Il s’agit d’un projet contemporain lancé au début des années 2010, comprenant des bâtiments, monuments, statues, ponts et transformations de façades dans le centre-ville.


Skopje est une ville construite sur plusieurs couches d’histoire.

L’antique Scupi, la forteresse médiévale, le vieux bazar ottoman, les bâtiments de l’entre-deux-guerres, les monuments du séisme, l’architecture moderniste et les constructions du XXIe siècle racontent chacun une partie différente de son évolution.

Peu de capitales européennes réunissent dans un espace aussi compact des traces aussi visibles de l’Empire romain, du monde byzantin, des États médiévaux balkaniques, de cinq siècles de présence ottomane, de la Yougoslavie socialiste et de la transformation postérieure à l’indépendance.

Skopje a connu des séismes, des incendies, des guerres, des occupations et de profondes transformations politiques. Pourtant, la ville a toujours été reconstruite, réinterprétée et habitée à nouveau.

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Travel Essentials

Comprendre son histoire permet de voir au-delà de ses statues et de ses façades : Skopje est avant tout une ville de passages, de rencontres, de ruptures et de résilience.

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